L'esprit berbère Beni Ouarain

Le Maroc, pays de traditions ancestrales, est pourtant rempli de contradictions, oscillant entre un mode de vie urbain des plus modernes et un autre, rural, profondément ancré dans les usages traditionnels. Si la mégapole de Casablanca prend volontiers des allures de ville européenne du XXIe siècle, hébergeant la majorité des fleurons du monde entrepreneurial marocain, la vie citadine diffère copieusement de l'existence dans les villages reculés. On passe de l'aisance confortable en milieu urbain aux difficultés inhérentes au monde rural où règne encore trop souvent la précarité.

C'est le cas des populations berbères qui semblent s’accommoder d'une vie simple et rustique. Si de plus en plus de Berbères, parmi les jeunes générations, ne résistent pas facilement aux tentations de la ville, ils sont nombreux à continuer à entretenir le rêve berbère. Celui d'une existence en parfaite adéquation avec son environnement.

Il suffit d'observer le quotidien des Berbères du l'Ourika pour comprendre et mesurer le lien qu'ils ont conservé avec la nature. À l'occasion d'un repas champêtre dégusté au bord de la rivière de cette magnifique vallée, à proximité immédiate de Marrakech, on savourera le dépaysement total qui nous attend. Dans cette vallée verdoyante du Haut-Atlas, les tables et chaises des snacks sont disposées dans la rivière en été. Alors que des tagines de viandes et de légumes du jardin mijotent sur des feux de bois, les grillades diffusent un parfum irrésistible de cumin ou de ras el hanout. On vous propose du thym, des feuilles de laurier sauce fraîchement cueillies, de la tisane de romarin, des noix de l'Ourika ou des plantes aromatiques ramassées dans la montagne. L'huile d'olive de cette vallée est également incontournable. On l'aura compris, les Berbères sont des campagnards, fiers de leurs produits naturels.

Plus au nord, dans le Moyen Atlas, les Berbères sont dans une dynamique identique. Une visite dans l'un des nombreux village des plaines atlantiques, à flanc de montagne, vous donne un aperçu du mode de vie écologique des Berbères. Une simple maison en pierre accueille un métier à tisser des Beni Ouarain. La maison familiale est restée très sobre, faite de briques rouges, de pierres et de bois. On se réchauffe l'hiver en se glissant sous les couvertures berbères. L'été, l'eau glacée des puits abreuve toute la famille. Un panneau solaire suffit à l'alimentation en électricité. Les activités quotidiennes s'articulent autour de l'élevage des moutons et des chèvres. La fabrication des tapis Beni Ouarain en laine meuble les rares temps libres.

Beni OuarainEn se maintenant, la tradition du tissage des tapis berbères fournit une grande satisfaction aux amatrices de décoration ethnique. Mais pas seulement, car les designers, et non des moindres, favorisent la légende du tapis Beni Ouarain en l'incorporant dans les plus beaux salons dotés des plus belles décorations intérieures.

Partout à travers le monde, la décoration intérieure fait appel à ce tapis ancestral des plus designs. Elle célèbre à sa façon le formidable attrait que représente le tapis Beni Ouarain dans la recherche de design. Il est souvent accompagné de matières naturelles, dont le bois, l'osier ou le cuir. Sans machine ni matière synthétique, en se fournissant simplement auprès de Dame Nature, les Berbères sont capables de produire les accessoires utilitaires et décoratifs tant recherchés dans les salons, salles à manger et chambres au design soigné.

L'importance des tapis dans la culture berbère a été souvent signalée. Le tapis est le ciment du foyer rural marocain. Il consolide les finances et maintient des familles entières à l'abri de la précarité. Il permet la scolarisation des jeunes enfants au village, quand les moins jeunes ont besoin de payer leurs études à Casablanca ou Marrakech.

Le tapis Beni Ouarain, comme ceux d'Azilal ou ceux des Beni M'guild, joue un rôle économique et social de premier plan dans les foyers ruraux marocains. C'est encore et toujours la tradition qui sauve les Berbères de la précarité. Cette dernière devient plus aisément supportable avec les appoints tirés des ventes des tapis. De quelques centaines de dirhams à plusieurs milliers pour les tapis Beni Ouarain, ces sommes peuvent paraître dérisoires pour un Européen, mais s'avèrent salvatrices dans bien des cas pour les populations berbères du Maroc.


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